Cet éditorial définit la ligne éditoriale de Praxis, média indépendant dédié à l’analyse des enjeux de souveraineté et à l’éducation populaire.
Il y a quelques mois, j’ai pris la décision la plus difficile de ma vie professionnelle. J’ai posé ma robe d’avocat. Je l’ai rangée dans une armoire, j’ai fermé la porte de mon cabinet, et j’ai renoncé au confort, au statut et à la sécurité que m’offrait ce métier que j’ai tant aimé.
On m’a demandé pourquoi. On m’a demandé si c’était un coup de tête, une fuite ou une folie. C’est tout l’inverse. C’est un acte de lucidité.
Pendant treize ans, j’ai défendu des individus broyés par la machine judiciaire. J’ai plaidé des dossiers où la loi, censée protéger les faibles, échouait trop souvent à sanctionner la violence des forts. J’ai vu, de l’intérieur, le délitement de nos services publics, l’épuisement des magistrats, la surdité des institutions.
J’ai compris une chose fondamentale : tant que les règles du jeu politique seront truquées, tant que la souveraineté populaire sera une fiction, tant que l’économie sera pilotée par une caste déconnectée du réel, mes plaidoiries ne seront que des pansements sur une jambe de bois.
J’ai quitté le tribunal pour ouvrir un autre procès. Celui de notre impuissance collective. Et j’ai créé Praxis pour que nous puissions, ensemble, reprendre le pouvoir.
Et si j’ai ouvert la voie, je ne suis plus seul. Autour de Praxis se sont déjà regroupés des journalistes, des intellectuels, des ingénieurs, et des citoyens qui, comme vous, refusent la fatalité.
Voici pourquoi nous sommes là, et voici ce que nous allons faire.
I. Le constat : un système à bout de souffle
Ne nous mentons plus. La France ne traverse pas une « crise » passagère. Elle vit un effondrement.
Regardez autour de vous. L’Hôpital public, jadis fierté nationale, trie les patients. L’École peine à recruter des enseignants faute de salaires décents. Nos infrastructures énergétiques, payées par nos grands-parents, sont bradées à la découpe ou soumises à la spéculation des marchés européens.
Pendant ce temps, une minorité prospère comme jamais. Un rapport récent du Sénat a chiffré le montant des aides publiques aux entreprises à près de 211 milliards d’euros par an. Une somme colossale, sans contrôle réel, sans contrepartie sur l’emploi, dont une trop grande partie finit en dividendes records dans les entreprises du CAC 40.
C’est le grand hold-up. On socialise les pertes, on privatise les profits, et on demande au peuple de payer l’addition par la réforme des retraites, la baisse des APL ou la modération salariale.
Sur la scène internationale, la France est décrédibilisée. Si nous demeurons une puissance nucléaire, notre déclin industriel et notre politique de soumission aux intérêts américains comme à la construction européenne ont, en vingt ans, largement sapé notre influence dans le monde.
La comédie du pouvoir
Face à cela, que nous propose la politique traditionnelle ? Du spectacle. Allumez votre télévision. Vous verrez des « camps » s’affronter sur des polémiques stériles.
On nous divise pour mieux régner. On nous somme de choisir un camp, une étiquette, une tribu. Et pendant que nous nous écharpons sur les réseaux sociaux, les décisions structurantes — celles qui touchent à notre monnaie, à notre industrie, à notre indépendance — sont prises ailleurs, dans des bureaux feutrés, loin de tout contrôle démocratique.
Le résultat ? L’abstention bat des records. La colère gronde, mais elle tourne à vide. Nous sommes devenus spectateurs de notre propre déclin.
II. L’ambition : sortir de l’impuissance
Il fallait briser ce cycle. J’ai vu, lors du mouvement des Gilets Jaunes, une étincelle extraordinaire. J’ai vu des Français de tous horizons, de toutes origines, qui ne se parlaient plus depuis des décennies, se retrouver sur des ronds-points. J’ai vu que lorsque l’on gratte le vernis des étiquettes partisanes, il existe un socle commun.
Sur l’essentiel, nous sommes d’accord. Qui est contre la fin de l’impunité fiscale de quelques-uns ? Personne. Qui est contre la restauration de nos services publics ? Personne. Qui est contre l’idée que le peuple doit avoir le dernier mot ? Une immense majorité y est favorable.
Le problème, c’est que cette majorité silencieuse n’a aucun outil pour se faire entendre entre deux élections. C’est pour cela que Praxis est né.
Praxis n’est pas un parti politique. Nous ne cherchons pas à placer des élus, à obtenir des postes ou des subventions. Praxis est une infrastructure d’intérêt général. Un outil de médiation et d’analyse mis au service de la rigueur intellectuelle et de la décision souveraine.
Notre objectif n’est pas seulement de commenter l’actualité, mais de donner aux citoyens les clés pour en redevenir les acteurs. Notre ambition est de bâtir, d’ici 2027, la force de proposition et d’influence démocratique la plus solide du pays : celle des citoyens organisés par le savoir et la raison.
III. La méthode : « L’employeur, c’est nous »
Comment allons-nous procéder ? Nous n’allons pas attendre l’élection présidentielle de 2027 en tremblant. Nous n’allons pas attendre le « Sauveur » ou l’Homme Providentiel. Il n’existe pas. Nous allons inverser la hiérarchie.
En démocratie, le Peuple est le Souverain. Le Président et les députés sont nos employés. Or, aujourd’hui, nous embauchons nos employés sur un chèque en blanc, sur une « bonne mine » ou un slogan creux.
Avec Praxis, nous allons rédiger la Fiche de Poste.
Étape 1 : S’armer par le Savoir
On ne décide pas bien si on est mal informé. Praxis, c’est d’abord un média d’éducation populaire exigeant. Sur chaque grand sujet (Economie, Démocratie, Géopolitique, Ecologie, etc.), nous produirons des dossiers implacables. Notre rédaction s’engage à une méthodologie rigoureuse : sourçage systématique des données, recours à des expertises pluridisciplinaires et publication d’analyses de fond. Praxis n’est pas un média de commentaire, mais un média de documentation. Nous irons chercher les faits, les chiffres bruts, loin de toute influence partisane. Nous réaliserons le travail que nombre de médias ne font plus : vous donner les clés de la complexité.
Étape 2 : Construire le Consensus
Une fois informés, nous devons délibérer. Mais pas n’importe comment. Les réseaux sociaux actuels sont des machines à créer du clash et de la division. Praxis a pour ambition de devenir l’espace où l’intelligence collective l’emporte sur le bruit.
Dès le lancement, nous instaurerons des cycles de consultation et de remontées citoyennes. Nous ne chercherons pas à faire le buzz, mais à faire émerger des solutions consensuelles.
Étape 3 : La Décision Souveraine
La finalité de notre travail d’information est de permettre une consultation éclairée. Après chaque cycle d’analyse et de débat, nous acterons les consensus issus de cette éducation populaire par des votes sécurisés.
- Faut-il interdire le pantouflage des hauts fonctionnaires ?
- Faut-il renationaliser les autoroutes ?
- Faut-il réserver les aides publiques aux PME ?
Notre objectif est d’atteindre, sur au moins 15 ou 20 mesures clés, un seuil de 75% de consensus. Ce ne sera plus l’opinion de « la gauche » ou de « la droite ». Ce sera la volonté du peuple.
IV. Le scénario 2027 : imposer l’évidence
À quoi tout cela va-t-il servir ? Imaginez. Nous sommes en mars 2027. La campagne présidentielle bat son plein. Mais cette fois, il y a un nouvel acteur dans la pièce. Il y a Praxis.
Nous sommes suffisamment nombreux pour être pris au sérieux. Nous posons sur la table le « Mandat du peuple » : la liste des 15 mesures plébiscitées sur notre plateforme sécurisée.
Nous confronterons les candidats à ce mandat et exigerons des engagements précis : « Monsieur le candidat, Madame la candidate, voici le programme de vos employeurs. Nous ne vous demandons pas votre avis. Nous vous demandons de vous engager, formellement, à appliquer ces mesures dès votre premier mois de mandat. Si vous acceptez, nous serons les garants de votre parole. Si vous refusez, vous devrez en assumer les conséquences.«
C’est cela, la stratégie. Nous ne présentons pas de candidat, nous obligeons tous les candidats à s’aligner sur l’intérêt général. Nous les placerons face à leur responsabilité devant une nation enfin organisée et informée.
V. Rejoignez la communauté
Ce projet est fou. On me l’a dit cent fois. On m’a dit : « Les gens sont trop bêtes pour décider ». On m’a dit : « Ils ne nous écouteront jamais ». On m’a dit : « Le système est trop puissant ».
Je refuse cette résignation. J’ai tout quitté pour ce projet parce que je crois profondément que la France est prête pour ce sursaut de maturité démocratique.
Mais je ne peux rien faire seul. Praxis est une entreprise indépendante. Son capital est verrouillé par une association pour qu’il ne soit jamais vendu. Nous n’avons pas de milliardaire, pas de mécène caché. Nous n’avons que vous.
Pour que ce plan fonctionne, nous avons besoin de masse et de moyens.
- De masse : Inscrivez-vous. Votez. C’est gratuit. Faites monter les compteurs. Plus nous serons nombreux, plus nous serons légitimes. L’accès à nos dossiers fondamentaux restera libre pour tous, car le savoir ne doit pas avoir de frontières. Votre abonnement est ce qui permet cette gratuité pour ceux qui n’ont pas les moyens.
- De moyens : Abonnez-vous. Devenez « Membre Fondateur ». Pour 7 euros par mois, vous financez des articles et des dossiers d’analyse de qualité, mais aussi l’indépendance de la plateforme, la sécurité informatique des votes, le salaire des journalistes. Ce n’est pas un acte de consommation, c’est un investissement dans un service public citoyen.
L’histoire n’est pas écrite d’avance. En 2027, nous pouvons subir une énième élection par défaut, ou nous pouvons imposer notre propre scénario.
L’outil est prêt. La stratégie est posée. Maintenant, à vous de jouer.
François Boulo Fondateur de Praxis

Longue vie à praxis!
Et merci à François Boulot et à toute l’équipe de praxis.