Aujourd’hui, le système politique français repose sur un cadre juridique structuré autour de la représentation électorale. Mais ce modèle tend à éloigner les citoyens directement concernés des décisions qui les engagent. Dans ce contexte, les prises de position des responsables politiques contribuent souvent à fragmenter la population sur des sujets majeurs. En l’absence d’une colonne vertébrale commune, fondée sur des valeurs partagées et sur une conception claire de la souveraineté, le débat public se disperse et peine à construire un horizon collectif.
Sous la Ve République, les responsables politiques français ont progressivement transféré une part croissante du pouvoir normatif vers l’Union européenne. À travers les décisions et orientations portées par la Commission européenne, des règles communes s’imposent désormais aux États membres et encadrent une partie de leur action publique. En France, cette évolution trouve notamment sa traduction dans l’article 88-1 de la Constitution[1], qui fonde la participation de la République à l’Union européenne.
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