Un parc à thème saoudien à 6 milliards d’euros, une autoroute qui détruit des terres agricoles, une ligne à grande vitesse pour gagner quelques minutes, des bassines à sec en pleine sécheresse : la France sait trouver l’argent et fermer les yeux sur la loi quand il s’agit de vitesse et de loisir. Elle peine à en trouver le dixième quand il s’agit de savoir si elle mangera encore à sa faim dans vingt ans.
« Non, vous ne rêvez pas ! Dragon Ball arrive en Île-de-France. Oui, Son Goku aura son parc. » Ce 24 août 2026, tout sourire, Valérie Pécresse annonce sur Tiktok l’implantation d’un nouveau parc d’attraction dans la région qu’elle préside depuis 2015. Plus tôt dans la journée, c’est Emmanuel Macron qui annonçait un projet d’investissement saoudien de 6 milliards d’euros afin de créer non pas un, mais trois parcs d’attraction dans la région parisienne. Ce ne sont pas moins de 22 000 emplois directs qui sont annoncés et 80 000 indirects. « C’est un projet de l’ampleur de Disney (…) et qui pourrait vraiment conforter l’attractivité touristique de l’Île-de-France », s’enthousiasme d’ailleurs Mme Pécresse, quelque peu précocement, puisque le projet n’a même pas obtenu l’accord des ayants droit japonais[1]. Le même fonds souverain finance depuis 2022, dans le désert saoudien, le projet Neom (une ville futuriste à 500 milliards de dollars portée personnellement par le prince héritier Mohammed ben Salmane) : une tribu Howeitat expulsée de ses terres, des membres de cette tribu condamnés à mort ou à de lourdes peines de prison pour avoir résisté.
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